Château fort à Carcassonne

Cité de Carcassonne

8.9/10

La Cité de Carcassonne est un ensemble architectural médiéval qui se trouve dans la ville française de Carcassonne dans le département de l'Aude, région du Languedoc-Roussillon. Elle est située sur la rive droite de l'Aude, au sud-est de la ville actuelle. Cette Cité médiévale fortifiée, dont les origines remontent à la période gallo-romaine, doit sa renommée à sa double enceinte, atteignant près de Шаблон:Unité de développement et comportant cinquante-deux tours, qui domine de manière spectaculaire la vallée de l'Aude. La Cité comprend également un château (le château comtal) et une basilique (la basilique Saint-Nazaire).

Шаблон:Voir homonymes

Шаблон:Infobox Patrimoine mondial

Localisation de la Cité de Carcassonne

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Carcassonne est en France en Europe.

Sauvée de la destruction puis restaurée au Шаблон:S- de manière parfois controversée sous la direction de Viollet-le-Duc, la Cité de Carcassonne est, depuis 1996, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le château comtal, les fortifications, les lices<ref>Espace vierge situé entre les deux enceintes de la Cité</ref> et les tours appartiennent à l'État et sont gérés par le centre des monuments nationaux<ref name="monument_historique">Шаблон:Lien web</ref>, tandis que le reste de la Cité fait partie du domaine municipal.

Emplacement géographique

montrant l'emplacement de la Cité]] La Cité de Carcassonne est située sur la rive droite de l'Aude en surplomb de la ville de Carcassonne située à l'ouest. Elle se trouve entre la Montagne noire et les Pyrénées sur l'axe de communication allant de la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. La présence des deux montagnes forme le couloir carcassonnais souvent cité lorsque les climatologues parlent du vent qui souffle dans ce couloir<ref>Шаблон:Lien web</ref>. Cet emplacement est donc un lieu stratégique du sud de la France permettant de surveiller cet axe de communication majeur : au Nord vers la Montagne Noire, au Sud vers les Corbières, à l'Ouest vers la plaine du Lauragais et à l'Est la plaine viticole vers la Méditerranée<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

La Cité est construite au bout d'un petit plateau constitué par le creusement de l'Aude à environ 150 mètres d'altitude au dessus de la ville basse<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, Ouest-France, 1999, Шаблон:ISBN, p. 2</ref>. La première enceinte construite par les Wisigoths suit les dépressions du terrain<ref>Шаблон:Lien web</ref>. Ce plateau se détache du massif des Corbières sur la commune de Palaja à Шаблон:Unité d'altitude, passe dans la Cité à Шаблон:Unité et finit sa course dans l'Aude à 100 m<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, Éditions Privat, 1923, p. 31</ref>. Du côté Ouest, la pente est assez raide offrant un accès difficile à d'éventuels assaillants. À l'Est, la pente est plus douce et permet un accès aisé des marchandises mais aussi des attaquants. Aussi, les plus importants mécanismes de défense se trouvent de ce côté de la Cité.

2500 ans d'histoire

La Cité a été successivement un site protohistorique, une cité gallo-romaine, une place forte wisigoth, un comté, puis une vicomté, puis finalement une sénéchaussée royale. Chacune de ces étapes, entre la période romaine et la fin du Moyen Âge, a laissé des témoignages dans les bâtiments qui la composent.

Des Gallo-romains aux Wisigoths

Des restes d'un oppidum fortifié, oppidum Carcaso<ref>Jean-Pierre Panouillé, La Cité de Carcassonne, coll. « Itinéraires du patrimoine », éditions du patrimoine, 2001, Шаблон:ISBN, p. 2. Un autre oppidum situé à Шаблон:Unité, l'oppidum Carsac, aurait eu une influence sur celui de Carcassonne.</ref> proche de l'emplacement actuel de la Cité, ont été mis au jour par des fouilles archéologiques. Ce lieu est déjà un important carrefour commercial comme le prouvent les restes de céramiques de style campanien et d'amphores. Vers 300 avant J.-C., les Volques Tectosages prennent possession de la région<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 7</ref> et fortifient l'oppidum de Carcasso. Pline l'ancien mentionne l'oppidum dans ses écrits sous le nom de Carcaso Volcarum Tectosage<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, Ed. Heimdal, 2004, Шаблон:ISBN, p.4 cite le texte de Pline l'ancien, Historia naturalis</ref>. Ils extrayaient déjà l'or de la mine de Salsigne pour constituer des offrandes à leurs dieux.

En 122 avant J.-C., les Romains<ref>plus précisément le consul Domitius Ahenobarbus, Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 10</ref> annexent pacifiquement la région qui sera intégrée dans la colonie Narbonnaise créée en 118 avant JC. Les Romains sont déjà bien connus car depuis deux cents ans leurs marchands parcourent la région<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 12</ref>. Sous la Pax Romana la petite cité gallo-romaine de Carcaso, devenue chef lieu de la colonie Julia Carcaso, prospère sans doute grâce au commerce du vin et à son implantation sur les voies de communication : elle jouxte la voie romaine qui va de Narbonne à Toulouse tandis que les bateaux à fond plat circulent sur l'Atax<ref>Nom du fleuve Aude à l'époque des romains</ref> au pied de l'oppidum. Ce dernier est agrandi par remblayage et les rues et ruelles forment un plan orthogonal. Mais, la Cité ne possède aucun lieu public ni monument de culte. De plus, au pied de l'oppidum, une agglomération s'étend le long de la voie romaine<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.4</ref>.

Au Шаблон:IIIe siècle, la ville subit, comme tout l'Empire Romain, des attaques diverses<ref>Barbares qui pillent et détruisent ainsi que les Bagaudes</ref> qui obligent ses habitants à se retrancher derrière une première série de remparts gallo-romains. En 333 après J.-C., des textes<ref>L'itinéraire Hiérosolymitain d'après Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 13</ref> d'un pèlerin mentionnent le castellum de Carcassonne. Ces remparts sont encore visibles dans certaines parties de l'enceinte et servent de soubassements aux actuelles murailles<ref>cette première fortification est décrite dans : Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, éditions Privat, Шаблон:ISBN, p. 35</ref>. Les tours de la Marquière, de Samson et du Moulin d'Avar sont les témoins en partie intacts de cette enceinte primitive<ref>Шаблон:Lien web situe l'enceinte romaine de la ville de Carcaso</ref>. Cette muraille protège la Cité des attaques extérieures tout en permettant de contrôler les passages sur la voie romaine située en contrebas.

Au milieu du Шаблон:Ve siècle<ref>Les dates divergent selon les sources : Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 39 donne la date de 462</ref>, les Wisigoths, peuple barbare, prennent possession du Languedoc, après avoir longuement séjourné en Italie. La Cité fortifiée devient une ville frontière au nord de leur royaume, grâce probablement à la victoire d'Ataulphe pendant sa marche sur Toulouse<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 14</ref>. La Cité jouit peu à peu d'une relative paix politique jusqu'au règne d'Alaric II, comme l'atteste le nombre important de pièces de monnaie des monarques wisigoths de cette époque. En 507, les Wisigoths sont chassés d'Aquitaine par les Francs mais conservent la Septimanie dont fait partie la Cité de Carcassonne. En 508, Clovis lance en vain une attaque contre les Wisigoths pour prendre la Cité de Carcassonne<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 13</ref>Шаблон:,<ref>mention dans les écrits de Procope de Césarée</ref>. En 585, une nouvelle attague de Gontran, roi franc de Burgondie est couronnée de succès. Mais, les Wisigoths reprennent la cité peu après et en restent maîtres jusqu'en 713. Au cours du Шаблон:VIe siècle, Carcassonne devint, avec Agde et Maguelonne, le siège d'un évêché. Une cathédrale wisigothique, dont l'emplacement n'est pas connu, est alors construite<ref>Site du ministère de la culture sur la Cité</ref>.

En 725, le Wali Ambisa prend Carcassonne à la suite de la conquête du royaume wisigoth d'Espagne par les musulmans. La Cité reste entre les mains des musulmans<ref>Elle est renommée Karkashuna</ref> jusqu'en 752, date à laquelle elle est reprise par les Francs conduits par Pépin le Bref. C'est cet épisode qui inspira aux auteurs de l'histoire la légende de Dame Carcas détaillée plus loin dans cet article.

L’époque féodale

en 1208]] Le début de la féodalité s'accompagne de l'expansion de la ville et de ses fortifications. Elle est aussi marquée par la construction de la cathédrale à partir de 1096 puis par celle du château comtal au Шаблон:XIIe siècle. Ce château est constitué à l'origine de deux corps de logis auquel est ajoutée en 1150 une chapelle qui donne un plan en U autour de la cour centrale. Vers 1240 le château est rehaussé d'un second étage.

C'est aussi la période des comtes de Carcassonne. Le premier comte désigné par les Carolingiens est Bellon auquel succède Oliba II. La charge des comtes est d'administrer la région pour le compte du royaume carolingien. Au Шаблон:IXe siècle, la locution latine Cité de Carcassonne revient régulièrement dans les textes et chartes officiels<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 19</ref>. En 1082, la famille Trencavel prend possession de la ville, en profitant des embarras de la Maison de Barcelone propriétaire légitime, et l'annexe à un vaste ensemble allant de Carcassonne à Nîmes<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 46</ref>.

Bernard Aton IV Trencavel, vicomte d'Albi, de Nîmes et de Béziers, fait prospérer la ville et lance de nombreuses constructions. C'est également durant cette période qu'une nouvelle religion, le catharisme, s'implante avec succès dans le Languedoc. Le vicomte de Trencavel autorise en 1096 la construction de la basilique Saint-Nazaire dont les matériaux sont bénis par le pape Urbain II. En 1107, les Carcassonnais rejettent la suzeraineté de Bernard Aton, qui avait promis de rendre la Cité à son possesseur d'origine Raimond-Bérenger III de Barcelone<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 47</ref> et font appel au comte de Barcelone pour le chasser. Mais, avec l'aide de Bertrand de Tripoli, comte de Toulouse, Bernard Aton reprend le contrôle de la Cité. En 1120, les Carcassonnais se révoltent de nouveau, mais Bernard Aton rétablit l'ordre quelques années plus tard. En 1130, il ordonne le début de la construction du château comtal désigné sous le terme de palatium<ref>Nom Cité par le Site du ministère de la culture</ref> et la réparation des remparts gallo-romains. Dès lors, la Cité de Carcassonne est entourée de sa première fortification complète.

À cette époque la Cité est riche et sa population est comprise entre 3000 à 4000 personnes<ref>Ce chiffre est une estimation tirée de La Cité de Carcassonne, éditions du patrimoine, p. 11</ref> en incluant les habitants des deux bourgs qui se sont édifiés sous ses murailles : le bourg Saint-Vincent situé au Nord et le bourg Saint-Michel situé au sud de la porte Narbonnaise. La ville se dote en 1192 d'un consulat, composé de notables et de bourgeois, chargés d'administrer la ville, puis en 1229 d'une charte coutumière.

En 1208, le pape Innocent III, confronté à la montée du catharisme, appelle les barons du nord à se lancer dans la croisade des Albigeois. Le comte de Toulouse, accusé d'hérésie, et son principal vassal le vicomte de Trencavel sont la cible de l'attaque. Le 1Шаблон:Er août 1209, la Cité est assiégée par les croisés<ref>Pierre des Vaux de Cernay, le neveu de l'un des ecclésiastiques qui dirige la croisade, Histoire albigeoise, vers 1213</ref>. Raimond-Roger Trencavel se rend très rapidement, le 15 août, en échange de la vie sauve de ses habitants. Les bourgs autour de la Cité sont détruits. Le vicomte meurt de dysenterie dans la prison même de son château le 10 novembre 1209<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 57</ref>. D'autres sources parlent d'un assassinat orchestré par Simon de Montfort mais rien n'est sûr. Dès lors, la Cité sert de quartier général aux troupes de la croisade<ref>Emmanuel Leroy Ladurie, Histoire du Languedoc, éd. Presses Universitaires de France, coll. Que Sais-je ?, 1982, p. 41</ref>.

Les terres sont données à Simon de Montfort, chef de l'armée des croisés. Ce dernier meurt en 1218 au cours du siège de Toulouse et son fils, Amaury VI de Montfort, prend possession de la Cité mais se révèle incapable de la gérer. Il cède ses droits à Louis VIII de France, mais Raymond VII de Toulouse et les comtes de Foix se liguent contre lui. En 1224, Raimond II Trencavel reprend possession de la Cité après la fuite d'Amaury<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 21</ref>. Une deuxième croisade est lancée par Louis VIII en 1226 et Raimond Trencavel doit fuir<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 58</ref>. La Cité de Carcassonne fait désormais partie du domaine du roi de France et devient le siège d'une sénéchaussée. Une période de terreur s'installe à l'intérieur de la ville. La chasse aux cathares entraîne la multiplication des bûchers et des dénonciations sauvages, avec l'installation de l'Inquisition dont on peut toujours voir la maison dans l'enceinte de la Cité.

L'époque royale

Louis IX ordonne la construction de la deuxième enceinte pour que la place puisse soutenir de longs sièges. En effet, à cette époque, les menaces sont nombreuses dans la région : Raimond Trencavel, réfugié en Aragon, cherche toujours à reprendre ses terres qu'il revendique et le roi d'Aragon, Jacques IШаблон:Er le Conquérant, fait peser une lourde menace sur cette région toute proche des frontières de son royaume. De plus, ces constructions permettent de marquer les esprits de la population de la Cité et de gagner leur confiance. La Cité fait partie du système de défense de la frontière entre la France et l'Aragon. Les premières constructions concernent le château comtal adossé à la muraille ouest. Celui-ci est entouré de murailles et de tours à l'intérieur même de la Cité pour assurer la protection des représentants du roi. Ensuite, une deuxième ligne de fortifications est commencée sur environ un kilomètre et demi avec quatorze tours. Cette enceinte est flanquée d'une barbacane qui contrôle les abords de l'Aude<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 28</ref>.

En 1240, Raimond Trencavel tente de récupérer la Cité, avec l'aide de quelques seigneurs<ref>notamment Olivier de Termes, Jourdain de Saissac</ref>. Il occupe les bourgs situés sur les rives de l'Aude et obtient l'aide de ses habitants qui creusent des tunnels depuis leurs maisons pour saper la base des enceintes. La double enceinte joue son rôle défensif car Raimond Trencavel est ralenti. La garnison menée par le sénéchal Guillaume des Ormes résiste efficacement. Raimond Trencavel est bientôt obligé de lever le siège et de prendre la fuite face à l'arrivée des renforts du roi Louis IX<ref>Le sénéchal Guillaume des Ormes relate le siège de Carcassonne dans une lettre qui nous est parvenue.</ref>. En 1247, il renonce devant le roi Louis IX à ses droits sur la Cité<ref>Raimond Trencavel brise son sceau en signe de soumission : Шаблон:Lien web</ref>. La Cité de Carcassonne est définitivement rattachée au royaume de France et est désormais gouvernée par des sénéchaux.

À compter de cette date, la place forte n'est plus attaquée y compris durant la guerre de Cent Ans. Les aménagements et agrandissements qui vont suivre peuvent être regroupés en trois phases<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 81</ref>. Les premiers travaux sont commencés immédiatement après la dernière attaque de la Cité. Ils permettent de réparer les enceintes, aplanir les lices, ajouter des étages au château et construire la tour de la Justice. La deuxième phase de construction a lieu sous le règne de Philippe III, dit le Hardi<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p.s 22 et 23</ref> : elle comprend la construction de la porte Narbonnaise, de la tour du Trésau, de la porte Saint-Nazaire et de toute la partie de l'enceinte environnante, ainsi que la réparation de certaines tours gallo-romaines et de la barbacane du château comtal. Les bourgs de Saint-Vincent et de Saint-Michel jouxtant l'enceinte sont rasés pour éviter les conséquences d'une collusion entre leurs habitants et les assaillants comme cela s'était produit durant le dernier siège. Enfin, une troisième et dernière phase de travaux se déroule sous le règne de Philippe le Bel et consiste à moderniser la place forte. De nombreuses parties de l'enceinte sont alors reconstruites en utilisant les techniques de défense les plus récentes. Les antiques murailles situées à l'ouest sont également rénovées.

, le Prince Noir préfère s'attaquer à la ville basse plutôt qu'à la Cité en 1355]] En 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière entre la France et l'Aragon près de Carcassonne, dans les Corbières. Louis IX renonce à sa suzeraineté sur la Catalogne et le Roussillon et en contrepartie le roi d'Aragon abandonne ses visées sur les terres du Languedoc. Désormais la Cité joue un rôle majeur dans le dispositif de défense de la frontière. Elle constitue une deuxième ligne de défense persuasive en arrière des postes avancés que sont les châteaux de Peyrepertuse, Aguilar, de Quéribus, de Puilaurens et de Termes désignés comme les « cinq fils de Carcassonne ». Au Шаблон:XIIIe siècle, la Cité de Carcassonne est l'une des places fortes les mieux pourvues de France<ref name="poux_p.25">Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 25</ref> et sert de réserve d'armes pour les alliés. La Cité n'est jamais attaquée ni inquiétée aussi les troupes qui y sont stationnées sont peu à peu réduites. À la fin du Шаблон:XIVe siècle, la Cité n'est plus capable de résister aux nouvelles armes à poudre. Néanmoins, sa situation frontalière reste un atout stratégique et une garnison est maintenue<ref>Шаблон:Lien web</ref>. En 1418, les hommes en garnison dans la Cité ont en général un second métier. À cette époque, de l'autre côté de l'Aude, une nouvelle ville dite ville basse se construit sous forme de bastide.

Peu de faits de guerre ou de conflits majeurs marquent la période royale. En 1272, le comte de Foix, rebelle, est enfermé par Philippe III de France dans la Cité de Carcassonne. En 1283, un traité d'alliance est signé entre le roi de France et le roi de Majorque Jacques IШаблон:Er contre Pierre III d'Aragon. Le pape Clément V passe par Carcassonne en 1305 et 1309. En 1355, le Prince Noir n'ose pas s'attaquer à la Cité trop puissamment défendue et se contente de détruire et piller la ville basse. La Cité devient prison d'État au Шаблон:XVe siècle dans laquelle sont enfermés les ennemis du roi comme Jean IV d'Armagnac. La peste décime les habitants de Carcassonne et de la Cité en 1557. En 1585, la Cité est attaquée par les huguenots mais ils sont repoussés par les « mortes-payes »<ref>Nom de la garnison en place dans la Cité à cette époque et dont les revenus sont perpétuels : Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 28</ref>.

Entre 1560 et 1630, durant les guerres de religion, la Cité reste un dispositif militaire important pour les catholiques. Elle subit des attaques de la part des protestants. En 1575, le fils du sire de Villa tente d'attaquer la forteresse. En 1585, les hommes de Montmorency font de même mais là aussi c'est l'échec<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.11</ref>.

La mort de Henry III déclenche des affrontements entre les habitants de la ville basse fidèle à Henry IV, son successeur légitime, et au duc de Montmorency, et la Cité qui refuse de reconnaître le nouveau roi et prend le parti de la Ligue. Au cours des violents combats qui s'étalent sur près de 2 ans, les faubourgs de la Cité situés aux abords de la porte de l'Aude sont détruits. Cette dernière est murée et le quartier de la Trivalle est incendié. En 1592, les habitants de la Cité se rallient au roi<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 29</ref>.

L'abandon de la Cité

Le Шаблон:XVIIe siècle marque le début de l'abandon de la Cité. En 1657, le présidial, la juridiction en place à Carcassonne, est transféré de la Cité à la ville basse<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.11</ref>. En 1659, la Cité de Carcassonne perd sa position stratégique à la suite de la signature du Traité des Pyrénées qui rattache le Roussillon à la France et fixe la frontière entre la France et l'Espagne à son emplacement actuel. La Cité est progressivement abandonnée par ses habitants les plus aisés et devient un quartier pauvre occupé par les tisserands. Les lices sont progressivement occupées par des maisons et des caves et des greniers sont installés dans les tours. La Cité se dégrade rapidement.

Le siège épiscopal est même transféré en 1745 de la cathédrale Saint-Nazaire située à l'intérieur la Cité à l'église Saint-Michel dans la ville basse<ref>Toutes les instances de la Cité abandonnent la ville haute au profit de la ville basse : Шаблон:Lien web</ref>. La ville basse prospère grâce à l'industrie drapière. En 1790, le chapitre est aboli et le palais épiscopal et le cloître sont vendus puis détruits en 1795. En 1794, les archives de la tour du Trésau sont détruites par un incendie<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.12</ref>. Sous l'Ancien Régime puis sous la Révolution, la Cité est réduite sur le plan militaire au rôle d'arsenal, entrepôt d'armes et de vivres puis, entre 1804 et 1820, est rayée de la liste des places de guerre et abandonnée ; elle est reclassée en seconde catégorie<ref>Ordonnance royale du 1Шаблон:Er août 1820</ref>. La ville haute perd son autonomie municipale et devient un quartier de Carcassonne. Le château comtal est transformé en prison<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 54</ref>. L'armée est alors prête à céder la Cité aux démolisseurs et récupérateurs de pierres.

La Cité connaît un déclin social avec l'augmentation de la pauvreté mais aussi un déclin démographique. Entre 1819 et 1846, le nombre d'habitants est réduit d'environ Шаблон:Unité passant de 1490 à 1351 habitants tandis que dans la ville basse la démographie augmente<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.13</ref>.

La restauration de la Cité

Le sauvetage de la Cité

Pour les habitants de Carcassonne, la Cité médiévale, située sur une butte difficile d’accès avec ses ruelles étroites et ses lices et remparts vétustes constitue désormais un quartier peu attrayant auquel s'oppose la ville nouvelle formée par la bastide Saint-Louis ou ville basse. La désaffection des habitants pour la Cité entraîne sa détérioration. Les tours se délabrent et la plupart sont converties en garages, hangars et autres bâtiments de stockage. Les lices sont progressivement envahies par des constructions (au Шаблон:XIXe siècle, les autorités y recensent 112 maisons). La destruction de la Cité médiévale est alors programmée<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

La Cité est sauvée de la destruction totale par Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, notable et historien, habitant au pied de la Cité. Dès 1835, il s'émeut de la destruction de la barbacane dont les pierres étaient pillées par les entrepreneurs locaux<ref>Il est le premier à s'alarmer de la destruction de la Cité Шаблон:Lien web</ref>. C'est à lui que l'on doit les premières véritables fouilles dans la cathédrale de la Cité et la découverte de la chapelle de l'évêque Radulphe. L'écrivain Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, a le coup de foudre pour ce monument en perdition. L'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui avait commencé la restauration de l'église Saint-Nazaire, est chargé d'étudier la restauration de la Cité. En 1840, l'église Saint-Nazaire à l'intérieur de la Cité passe sous la protection des monuments historiques. Cette protection est étendue à l'ensemble des remparts en 1862<ref name="MH">Шаблон:Lien web</ref>.

En 1853, Napoléon III approuve le projet de restauration. Le financement est soutenu par l'État à Шаблон:Unité et à Шаблон:Unité par la ville et le conseil général de l'Aude. En 1855, les travaux commencent par la partie ouest-sud-ouest de l'enceinte intérieure mais restent modestes. En 1857, ils se poursuivent sur les tours de la porte Narbonnaise et l'entrée principale de la Cité<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.20</ref>. Les fortifications sont çà et là consolidées mais le gros du travail se concentre alors sur la restauration des toitures des tours des créneaux et des hourds du château comtal. L'expropriation et la destruction des bâtiments construits le long des remparts sont ordonnées. En 1864, Viollet-le-Duc obtient encore des crédits pour restaurer la porte de Saint-Nazaire et l'enceinte extérieur du front sud. En 1874, la tour du Trésau est restaurée.

Eugène Viollet-le-Duc laissera de nombreux croquis et dessins de la Cité et de ses modifications<ref>liens externes vers Шаблон:Fr par Viollet-le-Duc (1888, Wikisource)</ref>. À sa mort en 1879, son élève Paul Boeswillwald reprend le flambeau puis l'architecte Henri Nodet. En 1889, la restauration de l'enceinte intérieure est terminée. Les travaux de restauration du château comtal débutent la même année et, en 1902, les travaux d'envergure sont achevés et les alentours de la Cité sont aménagés et dégagés. En 1911, les dernières maisons présentes dans les lices sont détruites et les travaux de restauration sont considérés comme terminés en 1913<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.22</ref>.

Seuls Шаблон:NaU de la Cité sont restaurés<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 55</ref>. Durant les travaux de restauration de la Cité, le chanoine Léopold Verguet réalise de nombreux clichés de celle-ci, ainsi que des travaux de réhabilitation. Ces photos fournissent des témoignages sur le chantier et la vie autour la Cité à cette époque<ref>Шаблон:Lien web</ref>. Un autre photographe, Michel Jordy, historien et archéologue, apporte également sa contribution à la sauvegarde la Cité par ses recherches et ses photographies. Il est également le fondateur de l'hôtel de la Cité<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

Une restauration controversée

.]] Dès 1850, les restaurations d'Eugène Viollet-le-Duc sont fortement critiquées. Ses détracteurs, comme Hippolyte Taine, dénoncent la différence entre les parties neuves et les parties en ruine considérant que ces dernières ont plus de charme. D'autres, comme Achille Rouquet ou François de Neufchâteau, regrettent le caractère trop gothique et le style « Viollet-le-Duc » des modifications<ref>François de Lannoy, La Cité de Carcassonne, p.24</ref>. Aujourd'hui, les historiens soulignent surtout les erreurs du restaurateur. Joseph Poux regrette la mauvaise reconstitution des portes et des fenêtres des tours wisigothes et la bretèche de la porte de l'Aude.

Mais ce sont surtout les choix effectués pour la restauration des toitures qui furent fortement critiqués<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 247</ref>. Viollet-le-Duc, fort de ses expériences de restauration sur les châteaux du nord de la France, choisit de coiffer les tours d'une toiture conique couverte d'ardoises, contrastant avec les toitures plates couvertes de tuiles romanes des châteaux de la région. Ce choix avait pour lui une logique historique, car Simon de Monfort et les autres chevaliers qui participèrent à la croisade des Albigeois venaient tous du Nord. Il n'est pas impossible que ces « nordistes » aient ramené avec eux leurs propres architectes et techniques. De plus, Viollet-le-Duc retrouva de nombreux fragments d'ardoise lors de ses restaurations de la Cité. C'est pour cela qu'aujourd'hui, on peut observer différents types de toiture dans la Cité de Carcassonne<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 50</ref>.

Le pont-levis rajouté à l'entrée de la porte Narbonnaise est également cité comme un exemple de reconstitution erronée. Par ailleurs certaines restaurations sont parfois considérées comme trop parfaites et réduisant l'impression d'authenticité<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 55</ref>. Cependant, malgré ses erreurs, on considère aujourd'hui qu'Eugène Viollet-le-Duc a effectué un travail d'architecture remarquable<ref>Шаблон:Lien web</ref> qui a permis de restituer aux visiteurs une image cohérente sinon fidèle de la Cité de Carcassonne. Ainsi les campagnes de restauration menées aujourd'hui conservent les modifications apportées au modèle originel par l'architecte car elles font désormais partie de l'histoire du monument.

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Panorama de la ville fortifiée de Carcassonne et du Pont Vieux traversant l'Aude

<center>


En 1903, la Cité passe de la tutelle du ministère de la guerre au ministère des beaux-arts<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 246</ref> et en 1918, l'armée quitte définitivement la Cité de Carcassonne<ref>Шаблон:Lien web</ref>. En 1920, l'hôtel de la Cité est construit à l'intérieur même de la Cité entre le château comtal et la cathédrale de Saint-Nazaire. Cette construction néo-gothique provoque à l'époque de nombreuses protestations<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 249</ref>. En 1926, les monuments historiques étendent leur protection en classant les terrains situés près des restes de la barbacane de l'Aude, les accès et la porte de l'Aude, ainsi que le Grand Puits. En 1942, le classement s'étend encore avec l'ajout de terrains autour de la Cité. Cette extension permet de protéger les abords directs de l'enceinte en empêchant d'éventuelles constructions.

En 1944, la Cité de Carcassonne est occupée par les troupes allemandes qui utilisent le château comtal comme réserve de munitions et d'explosifs. Les habitants sont expulsés de la Cité. Joë Bousquet, commandeur de la légion d'honneur, s'indigne de cette occupation et demande par lettre au préfet la libération de la Cité considérée par tous les pays comme une œuvre d'art qu'il faut respecter et laisser libre<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

En 1961, un musée est installé dans le château comtal. Puis en 1997, la Cité est classée au patrimoine mondial par l'UNESCO. Aujourd'hui, la Cité est devenue un site touristique important qui reçoit plus de 2 millions de visiteurs chaque année<ref>Шаблон:En Шаблон:Fr Шаблон:Lien web</ref>. Ces classements permettent à l'État de recevoir des subventions pour l'entretien du site. En contre-partie, il doit respecter l'architecture des lieux lors de constructions ou de rénovations et doit ouvrir la Cité aux visiteurs. Les monuments historiques gèrent les visites et la gestion du château comtal. Ils ont récemment rénové le parcours de visites en 2006 et 2007 en ajoutant une salle de projection et une nouvelle signalétique<ref>Шаблон:Pdfrapport d'activité de 2006 des monuments historiques, p.26</ref>.

L'architecture de la Cité

L'art militaire a fortement influencé l'architecture de la Cité de Carcassonne. Son système de défense est exceptionnel par sa dimension, sa complexité et la qualité de sa conservation<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 169</ref>. C'est la plus grosse forteresse d'Europe.

Plan de la Cité

représentant la Cité au Шаблон:XIIIe siècle]] ]] Les parties remarquables de la Cité comprennent les deux enceintes et plusieurs bâtiments. Le plan ci-contre permet de localiser ces bâtiments décrits dans les sections suivantes. L'enceinte intérieure et les portes figurent en rouge tandis que l'enceinte extérieure et les barbacanes sont représentées en jaune :

  • 1 - Porte Narbonnaise et barbacane Saint-Louis,
  • 2 - Porte et barbacane Saint-Nazaire,
  • 3 - Porte d'Aude,
  • 4 - Porte du Bourg et barbacane Notre-Dame,
  • 5 - Château comtal entouré d'un fossé et construit le long de l'enceinte intérieure,
  • 6 - Barbacane de l'est protégeant l'entrée du château,
  • 7 - Barbacane de l'Aude aujourd'hui détruite,
  • 8 - Église Saint-Nazaire.

Шаблон:Clr

Les enceintes et les tours

Le matériau utilisé pour la construction des enceintes et des tours est la pierre dont est constitué le plateau sur lequel est édifiée la Cité. Il s'agit de grès ou molasse de Carcassonne qui a été extraite du plateau même ou des collines environnantes<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 3</ref>. Deux enceintes entourent la Cité séparées par un espace plat : les lices. Ce système comportait, à l'époque de sa mise en œuvre (avant la généralisation de l'artillerie), de nombreux avantages défensifs. Il permettait d'attaquer les assaillants selon deux lignes de tirs ; l'enceinte extérieure, si elle était franchie, ralentissait les assaillants et les divisait ; les assaillants une fois parvenus dans les lices étaient particulièrement vulnérables dans cet espace dépourvu d'abri. De plus, la lice permettait aux cavaliers de combattre facilement<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 28</ref>. On distingue les lices basses, situées au nord et allant de la porte Narbonnaise à la porte de l'Aude où se trouvent les enceintes les plus anciennes datant des Wisigoths et les lices hautes, situées au sud, où se trouvent les murailles les plus récentes construites sous Philippe III le Hardi<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

Les constructions gallo-romaines

]] La première enceinte, construite sur un éperon rocheux, date de l'époque gallo-romaine ; elle permettait de dominer la vallée et le cours de l'Aude. Les soubassements de cette enceinte originelle sont encore visibles depuis la lice. Elle est construite à l'aide de grosses pierres et d'un mortier très dur. Le mur de cette enceinte était épais de deux à trois mètres<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 11</ref>. Cette enceinte avait un périmètre de 1070 m<ref name="poux_p.34">Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 34</ref> et protégeait une ville de sept hectares. Elle est constituée de moellons réguliers et de rangées de briques. Ces briques assuraient la stabilité de la construction grâce à leur flexibilité et rattrapaient les éventuels affaissements.

Il existe encore 17 tours d'origine gallo-romaine plus ou moins remaniées sur les trente tours que comportait initialement cette enceinte. Une seule tour était de plan rectangulaire, la tour Pinte. Les autres tours reconnaissables dans les remparts ouest de la Cité grâce à leur forme en fer à cheval à l'extérieur et plate à l'intérieur. La partie inférieure des tours, dont le diamètre est compris entre 4,50 et 7 mètres, est constituée de maçonnerie pleine qui donnait une assise particulièrement solide<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 41</ref>. Les niveaux supérieurs comportent de larges ouvertures cintrées qui donnaient une grande efficacité aux armes de jet des défenseurs. Un système de fenêtre basculante assurait la défense et la protection de ces larges ouvertures. Les tours étaient recouvertes de tuiles plates à double rebord. La hauteur des tours était comprise entre Шаблон:Unité et 13,70 m<ref name="tour_et_enceinte">Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 45</ref>.

Les ouvrages de l'époque médiévale

Durant le Шаблон:S-, les rois de France ordonnèrent la construction d'une seconde enceinte extérieure autour de la Cité. Les tours sont rondes souvent basses et dépourvues de toiture pour n'offrir aucun abri à des assaillants qui les auraient conquises contre les tirs venus de l'enceinte intérieure. L'enceinte est entourée d'un fossé sec sauf aux endroits ou le dénivelé ne rend pas cette défense nécessaire. L'espace entre les deux enceintes est aménagé en lices qui sont utilisées en temps de paix pour les manifestations en tous genres. Les murailles atteignent une hauteur de 10 à 12 mètres.

L'enceinte intérieure est modernisée sous Philippe III Le Hardi et Philippe IV Le Bel. L'entrée Narbonnaise, la Porte de Saint-Nazaire et la tour du Trésau sont construites. Ces édifices sont caractérisés par la hauteur impressionnante de leurs murs et l'emploi de pierres à bossage. La construction de l'enceinte est plus complexe et repose sur des fondations plus profondes que l'enceinte gallo-romaine car elle atteint la roche du plateau<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 38</ref>. La réalisation de l'enceinte extérieure et des lices a nécessité de décaisser le terrain naturellement pentu. Une partie des soubassements extérieurs de l'enceinte gallo-romaine ont été mis à nu par ce terrassement et a dû faire l'objet d'une consolidation.

Le chemin de ronde permettait de faire tout le tour de la Cité en traversant les tours. Au Moyen Âge, la courtine est élargie grâce à un système de charpente en bois suspendu créant un abri au dessus du vide. Ce système placé à cheval sur le rempart du nom de hourd permettait aux arbalétriers de tirer avec précision au milieu des lices. Des échauguettes sont construites sur la saillie de certaines murailles comme l'échauguette de la Vade.

Les tours médiévales diffèrent des tours Wisigoths tout en gardant leur forme extérieure caractéristique avec une façade extérieure bombée et une façade intérieure plate<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 48</ref>. Les échelles de bois sont remplacées par des escaliers intérieurs en pierre. La base des tours est fruitée c'est-à-dire renflée afin que les projectiles ricochent sur la tour et se retournent contre les assaillants situés au pied de la muraille.

Les portes

L'enceinte est percée de quatre portes principales donnant accès à l'intérieur de la Cité. Les portes sont réparties aux quatre points cardinaux.

La porte Narbonnaise

]] La porte Narbonnaise, située à l'est, est construite vers 1280 durant le règne de Philippe III le Hardi. Elle doit son nom à son orientation vers Narbonne. Viollet-le-Duc reconstitue le crénelage et le toit en ardoise de 1859 à 1860 et la dote d'un pseudo pont-levis qui n'existait pas à l'origine. Elle est constituée de deux tours imposantes renforcées par des becs destinés à détourner les tirs des assaillants. La porte est protégée par une double herse renforcée par un assommoir et des meurtrières<ref>Шаблон:Lien web</ref>. Ces tours possèdent trois étages sur rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont voûtés alors que les étages supérieurs comportent un simple plancher. La tour nord possède un caveau pour les provisions tandis que la tour sud contient une citerne d'eau, permettant de faire face aux besoins des défenseurs de la tour pendant un siège de longue durée.

Au-dessus de cet ensemble se trouve une niche à couronnement tréflé dans laquelle est placée une statue de la Vierge. Cette porte est protégée par la barbacane Saint-Louis qui se trouve face à elle. Une échauguette située à droite de la porte permettait un tir direct sur les assaillants si ceux-ci parvenaient à prendre la barbacane.

La porte Saint-Nazaire

Au sud, la porte Saint-Nazaire est aménagée dans la tour du même nom, l'une des deux tours carrés de la Cité. C'est un dispositif de défense complexe ; l'ouvrage était très abîmé et Viollet-le-Duc le reconstitua entre 1864 et 1866<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

La tour protège la cathédrale Saint-Nazaire située juste derrière à 25 mètres dans la Cité<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 109</ref>. Elle est équipée de quatre échauguettes ; le passage donnant accès à la lice et à la Cité comporte un coude de 90 degrés. Chaque entrée de ce passage est protégée par des systèmes de défense : mâchicoulis, herses et vantaux.

La tour possède deux étages bien aménagés pour le stationnement de la garnison avec une cheminée et des corps de placard. La plate-forme couronnant la tour permettait de recevoir un engin de guerre à longue portée<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 111</ref>.

La porte d’Aude

À l'ouest, la porte d'Aude fait face au fleuve du même nom. Elle est située près du château comtal. Cette porte se prolonge par la barbacane de l'Aude détruite en partie en 1816 pour construire l'église Saint-Gimer. Seule la rampe entourés de murs crénelés subsiste. Le système défensif de cette porte était complexe. Des hautes arcades cachent des fausses portes ne menant nulle part : ce dispositif était destiné à tromper l'ennemi<ref>Шаблон:Lien web</ref>. De plus, de nombreux couloirs en lacet possèdent différents paliers créant une souricière dans laquelle les assaillants se trouvaient bloqués et pouvaient être attaqués de toutes parts. La porte de l'Aude combine des systèmes de défense passive et active d’une grande sophistication<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 147</ref>.

La rampe, qui partait de la barbacane disparue, donne accès à cette porte. Elle monte la pente raide de l'ouest en faisant des lacets et traverse une première porte puis une seconde porte<ref>Шаблон:Lien web</ref>. L'avant-porte défend cet accès, situé entre l'enceinte intérieure et extérieure. L'enceinte intérieure est à cet endroit surélevée et épaulée d'un triple contrefort construit au Шаблон:XIIIe siècle<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 95</ref>. La porte proprement dite est d'origine Wisigothe avec son plein cintre alterné de briques. Au-dessus de l'entrée, se trouve une baie et une bretèche massives qui ne sont pas d'origine féodale mais ont été ajoutées par Viollet-le-Duc lors de sa restauration. Cette porte, à l'aspect typiquement médiévale, a servi de décor pour de nombreux tournages de films comme Les Visiteurs, ' ou Le Corniaud.

La porte du Bourg ou de Rodez

Au nord, la porte du Bourg ou de Rodez<ref>Cette deuxième désignation n'est pas historique mais liée à son orientation vers Rodez</ref> donnait sur l'ancien bourg Saint-Vincent. Elle est directement creusée dans l'enceinte et était défendue par la barbacane Notre-Dame et la tour Mourétis<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

La porte, assez modeste, est percée dans les remparts entre deux tours. Elle possède très peu de défenses. À l'époque des Wisigoths, la porte était protégée par une sorte d'avant-corps dont une muraille se prolongeait vers le bourg Saint-Vincent<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 72</ref>. Cet édifice a été remplacé par la suite par une barbacane sur l'enceinte extérieure, la barbacane Notre-Dame.

Le château comtal

Le château comtal est adossé à l'enceinte intérieure ouest à l'endroit où la pente est la plus raide. Il possède un plan en forme de parallélogramme allongé du nord au sud et est percé de deux issues à l'ouest du côté de la porte de l'Aude et à l'est du côté intérieur de la Cité. Il a été construit en deux temps.

Sa construction est lancée par Bernard Aton IV Trencavel durant l'époque romane aux alentours de 1130<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 137</ref> pour remplacer un château primitif probablement situé à l'emplacement de la porte Narbonnaise<ref name="chateau_roman">Шаблон:Lien web</ref>. Le château est constitué de deux corps de bâtiment en L dominés par une tour de guet, la tour Pinte. Au nord se trouve une chapelle castrale dédiée à Marie dont il reste aujourd'hui que l'abside. Seule une palissade séparait le château du reste de la Cité.

Durant l'époque royale, entre 1228 et 1239, le château est complètement remanié devenant une forteresse à l'intérieur de la Cité. Une barbacane comportant un chemin de ronde et un parapet crénelé barre l'entrée du château juste avant le fossé qui l'entoure complètement jusqu'à l'enceinte intérieure. La porte d'entrée du château encadrée par deux tours est constituée d'un mâchicoulis, d'une herse et de vantaux<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 136</ref>. Le pont d'entrée est composé d'une partie en pont dormant, suivi d'une partie comportant un pont basculant et un pont-levis actionné par des contrepoids près de la herse de la porte d'entrée. Les murailles remplacent la palissade originelle et entourent complètement les bâtiments. Un système de hourds reposait sur l'enceinte telle que l'a reconstitué Viollet-le-Duc.

Le château et son enceinte comportent 9 tours dont deux sont d'époque wisigothe : la tour de la chapelle et la tour Pinte. La tour Pinte est une tour de guet carrée, la plus haute de la Cité. Toutes les autres tours ont des dispositions intérieures et extérieures identiques, car construites en même temps aux Шаблон:XIIe siècle<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 142</ref>. Ces tours sont constituées de trois étages et d'un rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée et le premier étage comportent un plafond voûté tandis que les étages supérieurs sont dotés de simples planchers. La communication entre les étages se fait par le biais des trous servant de porte-voix dans les voûtes et les planchers. Des hourds reconstitués par Viollet-le-Duc ornaient vraisemblablement l'enceinte et les tours comme le montre la reconstitution actuelle.

L'accès du château mène à une rectangulaire entourée de bâtiments remaniés de nombreuses fois entre le Шаблон:Sp-. Les murs nord et est de la cour sont flanqués de simples portiques tandis qu'au sud et à l'est se trouvent deux bâtiments. Celui du sud contient les cuisines et permet d'accéder à une seconde cour. Elle contenait un bâtiment aujourd'hui détruit mais ou sont encore visibles les emplacements des poutres du plancher du premier étage ainsi que plusieurs fenêtres<ref>Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 143</ref>. C'est aussi dans cette cour que se trouve la tour Pinte.

La basilique Saint-Nazaire

La basilique Saint-Nazaire, construite en grès (parement extérieur), est une église d'origine romane dont les parties les plus anciennes remontent au Шаблон:XIe siècle. Sur son emplacement s'élevait à l'origine une cathédrale carolingienne dont il ne subsiste, aujourd'hui, aucune trace <ref name="basilique">Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 174</ref>.
À l'aube de l'apogée de l'art roman, c'est donc d'abord une simple église bénie et consacrée cathédrale par le pape Urbain II en 1096 sous l'impulsion des Trencavel, qui lancent le chantier d'un nouvel édifice plus vaste<ref>Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 20</ref>,<ref>Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 72</ref>. De cet édifice ne subsistent que les deux premiers piliers de la nef et la crypte, dont l'état dégradé donne à penser qu'il s'agissait d'un ouvrage antérieur. Elle épouse le plan de l'ancienne abside. Au Шаблон:XIIe siècle on édifie la nef actuelle, de six travées, qui fut laissée intacte lors des agrandissements de l'époque gothique, qui par contre se traduisirent par la destruction du chevet roman du Шаблон:XIe siècle. Le portail roman a quant à lui été entièrement refait au Шаблон:XIXe siècle lors des restaurations de Viollet-le-Duc.<ref>Jacques Lugand, Languedoc Roman, Éd. Zodiaque, 1985, p. 28</ref>

La basilique est agrandie entre 1269 et 1330 dans le style gothique importé par les nouveaux maîtres de la région, avec un transept et un chœur très élancés, un décor de sculptures et un ensemble de vitraux qui comptent parmi les plus beaux du sud de la France. Un prélat bâtisseur, Pierre de Rochefort, finança la construction d'une grande partie des décors et l'achèvement des voûtes. Ses armoiries sont visibles dans le chœur, l'abside et le bras sud du transept, tandis que la chapelle du collatéral nord contient le monument commémoratif de la mort du contributeur. Un autre personnage, Pierre Rodier archevêque de Carcassonne, possède son blason dans la chapelle du collatéral sud.

Les rénovations d'Eugène Viollet-le-Duc ont largement transformé l'extérieur de la basilique, mais l'intérieur est le plus remarquable. Les deux styles, gothique et roman, se superposent sur les vitraux, les sculptures et tous les décors de l'église. Les façades comportent de nombreux vitraux des Шаблон:XIIIe s et Шаблон:XIVe siècles : ceux-ci représentent des scènes de la vie du Christ et des ses apôtres. En 1801, l'église est déchue de son rang de cathédrale de Carcassonne au profit de l'église Saint-Michel, située dans la bastide à l'extérieur de la Cité. Ce transfert se déroule alors que la Cité est désertée par ses habitants au profit de la ville basse. Elle devient basilique en 1898 octroyée par le pape Léon XIII<ref>Шаблон:Lien web</ref>.

Une communauté de chanoines vivait à proximité de la cathédrale avec une salle capitulaire et le dortoir à l'est, le réfectoire et les cuisines au sud et les caves et écuries à l'ouest. Mais l'ensemble des bâtiments sont démolis en 1792. Un cloître s'élevait également au sud de l'édifice. Son emplacement est aujourd'hui occupé par un théâtre de plein air établi en 1908.<ref>Collectif, De la place forte au Monument : la restauration de la Cité de Carcassonne au Шаблон:S-, Ed. du Patrimoine, 2000,

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Conseils et astuces
Eric M
1 october 2012
Have a cold Stella @ Le Trouvere. Great service and scenery.
Vadim A
22 november 2013
История этих мест начинается до нашей эры с первобытной стоянки на месте замка. Затем галлы, римляне, мавры, крестоносцы и еще куча разных эпох. Посетить обязательно.
Emplacement
Carte
Adresse

13-19 Rue de la Porte d'Aude, 11000 Carcassonne, France

Itinéraire
Heures d'ouverture
Fri 11:00 AM–9:00 PM
Sat-Sun 10:00 AM–9:00 PM
Mon 10:00 AM–7:00 PM
Tue 11:00 AM–6:00 PM
Wed 11:00 AM–7:00 PM
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