Persépolis

Persépolis Шаблон:Éty, Parsa en vieux-persan, Шаблон:Éty, (Coordonnées : 29°56′04″N, 52°53′29″E), était une capitale de l’empire perse achéménide. Le site se trouve dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kuh-e Rahmat, à environ Шаблон:Unité au Nord-Est de la ville de Shiraz, province de Fars, Iran.

Sa construction commence en -521 sur ordre de Darius Шаблон:Ier. Elle fait partie d’un vaste programme de construction monumentale visant à souligner l’unité et la diversité de l’empire perse achéménide, et à asseoir la légitimité du pouvoir royal. Elle fait appel à des ouvriers et artisans venus de toutes les satrapies de l’empire. L’architecture résulte d’une combinaison originale des styles issus de ces provinces créant ainsi le style architectural perse ébauché à Pasargades, également retrouvé à Suse et Ecbatane. Cette combinaison des savoir-faire marque également les autres arts perses, comme la sculpture ou l’orfèvrerie. La construction de Persépolis se poursuit pendant plus de deux siècles, jusqu’à la conquête de l'empire et la destruction partielle de la cité par Alexandre le Grand en -331.

Le site est plusieurs fois visité au cours des siècles par des voyageurs occidentaux, mais ce n’est qu’au Шаблон:XVIIe siècle qu’il est authentifié comme étant les ruines de la capitale achéménide. De nombreuses explorations archéologiques permettent par la suite d’en mieux appréhender les structures, mais aussi l’aspect et les fonctions passés.

Persépolis comprend un vaste complexe palatin érigé sur une terrasse monumentale qui supporte de multiples bâtiments hypostyles. Ces palais ont des fonctions protocolaires, rituelles, emblématiques, ou administratives précises : audience, appartements royaux, administration du trésor, accueil. À proximité de la Terrasse se trouvaient d’autres éléments : habitations de la ville basse, tombes royales, autels, jardins. De nombreux bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire. D’autres consacrent l’image d’un pouvoir royal protecteur, souverain, légitime, et absolu, ou désignent Xerxès Шаблон:Ier comme successeur légitime de Darius le Grand. Les multiples inscriptions royales persépolitaines cunéiformes rédigées en vieux-Persan, Babylonien, ou Élamite, gravées à divers endroits du site, procèdent des mêmes buts, et précisent également pour certains bâtiments le roi ayant ordonné leur érection.

L’idée que Persépolis n’avait qu’une occupation annuelle et rituelle dédiée à la réception par le roi des tributs offerts par les nations assujetties de l’empire à l’occasion des cérémonies du nouvel an perse a longtemps prévalu. Il est maintenant certain que la cité était occupée en permanence et tenait un rôle administratif et politique central pour le gouvernement de l’empire. De nombreuses archives écrites sur des tablettes d’argiles découvertes dans les bâtiments du trésor et les fortifications ont permis d’établir ces rôles, et livrent des renseignements précieux sur l’administration impériale achéménide et la construction du complexe. Persépolis est classée patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1979.

Шаблон:Rois Achéménides

Historique

Construction

, par Eugène Flandin (1840)]]

Historique présumé des constructions.
Шаблон:1re période: Darius Шаблон:Ier (-518 à -490)
  • Terrasse
  • Apadana (palais, escalier Est)
  • Trésor
2Шаблон:E période: Darius Шаблон:Ier - Xerxès Шаблон:Ier (-490 à -480)
  • Tachara
  • Escalier de Persépolis
  • Porte de toutes les nations
  • Apadana (escalier Nord)
3Шаблон:E période: Xerxès Шаблон:Ier (-480 à -470)
  • Hadish
  • Harem
  • Tripylon
  • Palais D
4Шаблон:E période: Artaxerxès Шаблон:Ier
5Шаблон:E période
  • Tombe d’Artaxerxès II
  • Palais d’Artaxerxès III
  • Salle des 32 colonnes
  • Tombe d’Artaxerxès III
  • Allée des processions
  • Porte inachevée
  • Tombe inachevée
Inconnue
  • Constructions Sud

Après avoir continué l'œuvre de Cyrus II à Pasargades et parallèlement aux importants travaux de construction entrepris à Suse, Darius Шаблон:Ier décide d'établir une nouvelle capitale ; cette décision est généralement interprétée comme une volonté de se distinguer de la branche aînée des Achéménides, à laquelle Pasargades est fortement liée. Il choisit pour cela une ville identifiée depuis comme étant Uvādaicaya (Matteziš en babylonien). Cette ville doit déjà avoir une certaine importance politique puisque c'est là que Darius fit exécuter Vahyazdāta, son principal opposant perse, en -521. Par ailleurs, la présence de palais et de portes monumentales remontant à Cyrus et Cambyse II est attestée, ainsi qu'un tombeau inachevé probablement destiné à Cambyse. Des tablettes babyloniennes montrent qu'il s'agit alors d'un centre urbain développé, actif et peuplé, ayant des relations commerciales avec la Babylonie, capable d'assurer les moyens logistiques et alimentaires pour un chantier de cette ampleur. Pierre Briant, historien de la Perse achéménide, note en effet que la mise en œuvre chronologiquement proche de chantiers importants à Suse et Persépolis suppose la mobilisation de moyens considérables. De fait, ces constructions entrent dans le cadre d'un plan global de réaménagement des résidences royales visant à montrer à tous que « l'avènement du nouveau roi marque une refondation de l'empire ».

Darius choisit pour site de construction le bas de la formation rocheuse du Kuh-e Rahmat qui devient ainsi le symbole de la dynastie achéménide. Il y fait ériger la Terrasse, des palais (Apadana, Tachara), les salles du Trésor, ainsi que les murailles Est. Il est difficile de dater avec précision la construction de chaque monument. La seule indication irréfutable est fournie par des tablettes retrouvées sur le site qui attestent d’une activité au moins dès -509, lors de la construction des fortifications. On peut en revanche attribuer la plupart des constructions aux périodes correspondant aux règnes des différents souverains. Les constructions de Darius sont ensuite terminées et complétées par ses successeurs : son fils Xerxès Шаблон:Ier ajoute au complexe la Porte de toutes les nations, le Hadish, ou encore le Tripylon. Sous Artaxerxès IШаблон:Er en -460, on dénombre 1149 artisans présents sur les chantiers. Le site reste en construction au moins jusqu’en -424, et peut-être même jusqu’à la chute de l’empire achéménide : une porte reste en effet inachevée, ainsi qu'un palais attribué à Artaxerxès III.

Au contraire d'autres constructions monumentales antiques grecques ou romaines, la construction de Persépolis ne doit rien à l’esclavage. Elle est entièrement assurée par des ouvriers venant de tous les pays de l’Empire : Babylonie, Carie, Ionie, ou Égypte.

Destruction

]]

Protégée par sa situation au cœur de l’empire achéménide, Persépolis ne dispose pas de solides défenses. En outre, la position au pied du Kuh-e Ramat représente un point faible à cause du faible dénivellement à l’Est, entre la Terrasse et le sol. Ce côté était protégé par un rempart et des toursШаблон:,.

Les connaissances de la prise et de la destruction de Persépolis, attribuées à Alexandre le Grand, proviennent essentiellement des écrits d’historiens antiques, au premier rang desquels Plutarque, Diodore de Sicile, et Quinte-Curce. Certains éléments archéologiques corroborent leur dires, mais leur version de la destruction de la cité est contestée : Duruy la met en doute puisqu’ « on voit peu de temps après la mort du conquérant, le satrape Peucestès y sacrifier aux mânes de Philippe et d’Alexandre » .

(British Museum de Londres)]] D’après Plutarque, Diodore de Sicile et Quinte-Curce, Tiridate, gardien du trésor, fait porter à Alexandre, dont l’armée approchait, une lettre de reddition l’enjoignant à se rendre à Persépolis en vainqueur. Les richesses lui seraient ainsi rapidement acquises. Les écrits ne mentionnent cependant pas la réponse d’Alexandre. Diodore et Quinte-Curce racontent également la rencontre en route pour Persépolis, de 4000 prisonniers grecs mutilés ou ayant subi de mauvais traitements de la part des Perses. La chute de Persépolis est suivie du massacre de ses habitants et du sac de ses richesses.

Après avoir pris la cité en -331, Alexandre y laisse une partie de son armée et poursuit sa route, ne revenant à Persépolis que quelque temps après. À l’issue d’une journée de beuverie en l’honneur de la victoire, Persépolis est incendiée sur ordre du conquérant en mai -330. Les raisons ayant motivé cette destruction sont controversées. Plutarque et Diodore relatent qu’un Alexandre ivre de vin aurait jeté la première torche sur le palais de Xerxès à l'instigation de Thaïs, maîtresse de Ptolémée, qui jette la seconde. Thaïs aurait exhorté Alexandre et ses compagnons d’armes à venger ainsi le sac passé d’Athènes par Xerxès Шаблон:Ier. Cette hypothèse pourrait se trouver accréditée par l’intensité des destructions du Tripylon et du Hadish, qui montre que ces bâtiments construits par Xerxès ont plus souffert de l’incendie que d’autres. Certains avancent que la rencontre des prisonniers mutilés, provoquant colère et tristesse du souverain, aurait constitué un motif supplémentaire de représailles.

En réalité, il est maintenant admis par les historiens que la raison de la destruction de Persépolis est plus vraisemblablement d’ordre politique. La décision d’Alexandre semble effectivement réfléchie. Alors que le vainqueur prend soin d’épargner les villes prises et notamment Babylone, ne ménageant aucun geste pour se concilier la population perse, il accomplit à Persépolis un geste d’une haute portée symbolique dictée par le contexte perse : le cœur idéologique du pouvoir achéménide se situant toujours en les capitales perses. La population, ayant fait acte de soumission forcée ou volontaire, reste attachée au souverain légitime et est en mauvais termes avec les conquérants. La décision est donc prise d’incendier le sanctuaire dynastique perse afin de signifier à la population le changement de pouvoir. Duruy dit ainsi qu’« Alexandre voulut annoncer à tout l’Orient, par cette destruction du sanctuaire national, la fin de la domination persique ».

Les écrits anciens mentionnent les regrets exprimés plus tard par un Alexandre honteux de son geste. Pour Briant, ces regrets impliquent en fait qu'Alexandre, reconnaissant son échec politique, en tirait les conclusions par ce geste.

La destruction de Persépolis marque la fin du symbole de la puissance achéménide. Le premier empire perse disparaît complètement avec la mort de Darius III, dernier empereur de sa dynastie. L’hellénisation commence avec les Séleucides.

Persépolis a continue à être utilisée par les dynasties perses suivantes. Au pied de la Terrasse se trouve un temple, peut-être construit par les Achéménides, et réutilisé par les Séleucides, puis par les Fratadaras (gardiens du feu).

La ville basse est progressivement abandonnée au profit de sa voisine Istakhr, à l'époque parthe. Des graffitis, attribuables aux derniers rois de Perse sous les Parthes ou au début de l'ère sassanide, montrent que le site est cependant resté lié à la monarchie perse, au moins symboliquement. En effet, une inscription en Pehlevi relate qu'un fils de Hormizd IШаблон:Er ou Hormizd II y donne un banquet et y fait procéder à un service cultuel. Persépolis a donc pu continuer à servir de lieu de culte plusieurs siècles après l'incendie de -330. Persépolis sert également de référence architecturale pour certains éléments des constructions sassanides telles le palais de Firouzabad.

Premières visites des ruines : le temps des voyageurs

(1711)]]

Les ruines sont connues par les Sassanides sous le nom moyen-persan de st stwny (« les cent colonnes »), et depuis le Шаблон:S-, sous celui de Chehel minār (« les quarante colonnes »). Le nom actuel de Takht-e Jamshid semble provenir d’une interprétation des reliefs les reliant aux exploits du héros mythique Jamshid. Le site fait l’objet de nombreuses visites par les occidentaux du XIVШаблон:E au XVIIIШаблон:E. Aux simples observations anecdotiques des débuts se substituent progressivement des travaux descriptifs de plus en plus poussés :Шаблон:,Шаблон:,Шаблон:,Шаблон:,

  • De passage vers Cathay en 1318, Odoric de Pordenone, moine voyageur vénitien passe par Chehel minār sans s’attarder sur les ruines. C’est le premier Européen à mentionner le site. Il est suivi après plus d’un siècle (1474) par un autre voyageur vénitien : Josaphat Barbaro.
  • Le missionnaire portugais, Antonio de Gouvea, visite le site en 1602. Il y remarque des inscriptions cunéiformes et des représentations d’« animaux à têtes d’homme ».

(1840)]]

  • L’ambassadeur d’Espagne auprès de Shah Abbas Шаблон:Ier, Don Garcias de Silva y Figueroa, décrit longuement le site dans une lettre datant de 1619. S’appuyant sur les textes grecs, il fait clairement le lien entre Persépolis et Chehel Minār.
  • De 1615 à 1626, le Romain Pietro Della Valle visite de nombreux pays d’Orient. Il rapporte de Persépolis des copies d’inscriptions cunéiformes qui servirent plus tard au déchiffrage de l’écriture.
  • Il est suivi par les Anglais Dodmore Cotton et Thomas Herbert de 1628 à 1629, dont le voyage a pour objet l’étude et le déchiffrage des écritures orientales.
  • De 1664 à 1667, Persépolis est visitée par les Français Jean Thévenot et Jean Chardin. Thévenot note à tort dans son ouvrage Voyage au Levant, que ces ruines sont trop petites pour être la demeure des rois de l’ancienne Perse. Chardin attribue clairement le site à Persépolis. Il s’attache les services du dessinateur Guillaume-Joseph Grelot et décrit la cité royale dans un ouvrage dont la qualité est saluée par Rousseau.
  • En 1694, l’Italien Giovanni Francesco Gemelli-Carreri reporte les dimensions de toutes les ruines auxquelles il accède, et étudie les inscriptions.
  • En 1704, le Hollandais Cornelis de Bruijn observe et dessine les ruines. Il publie ses travaux en 1711 : Reizen over Moskovie, door Persie en Indie, puis 1718, en français : Voyages de Corneille le Brun par la Moscovie, en Perse, et aux Indes Orientales.

Missions archéologiques : le temps des scientifiques

Le XIXШаблон:E, puis le Шаблон:S- voient se multiplier les missions scientifiques sur Persépolis :Шаблон:,Шаблон:,Шаблон:,Шаблон:,Шаблон:,

  • En 1840 et 1841, le peintre Eugène Flandin et l'architecte Pascal Coste, attachés à l'ambassade de France, visitent plusieurs ruines en Perse parmi lesquelles Persépolis. Ils en établissent un relevé topographique et descriptif.
  • Les premières véritables fouilles archéologiques sont réalisées en 1878. Motamed-Od Dowleh Farhad Mirza, gouverneur de Fars, dirige des travaux dégageant une partie du Palais des 100 colonnes.
  • Peu après, les Français Charles Chipiez et Georges Perrot réalisent une exploration très importante du site. Grâce à une étude architecturale poussée des ruines et des débris excavés, Chipiez dessine de saisissantes reconstructions des palais et monuments tels qu’ils lui semblent avoir dû être à l’époque achéménide.
  • Le savant allemand Franz Stolze explore également les sites archéologiques de Fars et en publie le résultat en 1882.
  • Les archéologues français, Jane et Marcel Dieulafoy, réalisent deux missions archéologiques en Perse (1881-82 et 1884-86). Ils explorent Persépolis dont ils ramènent pour la première fois des documents photographiques. Ils réalisent également des reconstructions et rapportent de nombreuses pièces archéologiques.
  • De 1931 à 1939, des fouilles sont réalisées par les Allemands Ernst Herzfeld puis Erich Frederich Schmidt, missionnés par l’Oriental Institute de l’Université de Chicago.
  • Au cours des années 1940, le Français André Godard, puis l’Iranien A. Sami, poursuivent les fouilles pour le compte de l’Iranian Archeological Service (IAS), depuis intégré à l'Organisation de l'héritage culturel d'Iran.
  • Par la suite, l’IAS sous la direction d’Ali Tajvidi dirige des travaux d’excavation et de restauration partielle en coopération avec les Italiens Guiseppe et Ann Britt Tilia, de l’Instituto Italiano Per il Medio ad Estremo Oriente. Ces fouilles ont révélé l’existence probable de deux autres palais attribués à Artaxerxès I et Artaxerxès III, qui ont disparu.

Toutes les structures de Persépolis ne sont pas encore fouillées. Il reste deux monticules à l’Est du Hadish et du Tachara dont les origines ne sont pas encore connues.

Histoire récente

Des cérémonies fastueuses, en tenue d’époque achéménide, se sont tenues sur trois jours en 1971 à Persépolis, à l’occasion de la célébration des 2500 ans de la monarchie. Le Shah Mohammed Reza Pahlavi convie alors de nombreuses personnalités internationales. Le faste des cérémonies, mobilisant plus de 200 serviteurs venus de France pour les banquets, suscite une polémique dans la presse et contribue à ternir l’image du Shah. Le montant des dépenses est évalué à l'époque à plus de 22 millions de dollars US, le financement est réalisé au détriment d’autres projets d’urbanisme ou sociaux. En outre, les festivités s’accompagnent d’une répression des opposants au Shah.

Après la révolution iranienne et dans un but d’éradiquer une forte référence culturelle à la période préislamique et à la monarchie, l’Ayatollah Sadeq Khalkhali tente avec ses partisans de raser Persépolis à l’aide de bulldozers. L’intervention de Nosratollah Amini, gouverneur de la province de Fars, et la mobilisation des habitants de Shiraz s’interposant devant les engins permettent alors de sauver le site de la destruction.

Persépolis est un milieu fragile dont la préservation peut être compromise par l’activité humaine. La question de la nocivité de certains composants chimiques issus de pollutions agricoles est soulevée. Un programme de protection du site a récemment commencé, visant à limiter les dégradations liées à l’érosion et au passage de visiteurs : des toitures ont déjà été mises en place protégeant certains éléments comme l’escalier Est de l’Apadana, et il est prévu de recouvrir le sol d’un plancher sur les lieux de passage. La construction d’un barrage proche de Pasargades entretient une polémique entre le ministère iranien de l’archéologie et le ministère de la culture et du patrimoine. La montée des eaux pourrait endommager nombre de sites archéologiques de la région, dont Persépolis. De plus, la construction d’une ligne de chemin de fer dont le tracé pourrait passer à proximité de Persépolis et Naqsh-e Rostam fait également redouter des dommages pour ces sites, ce qui pourrait faire passer certains de la liste du patrimoine mondial à celle des sites en danger par l'UNESCO. Des actions en justice menée par l'Office de Fars de l'Organisation de L'Héritage Culturel et du Tourisme ont déjà abouti à la condamnation du ministère des transports. En parallèle, une demande de rattachement des sites voisins de Naqsh-e Rostam, Naqsh-e Rajab, Ishtakr, et Kuh-e Ramat au classement de Persépolis par l'UNESCO est en cours, ce qui pourrait contrarier le tracé actuel du chemin de fer. De plus, Persépolis est régulièrement victime de vols liés au trafic d’antiquités, voire de vandalisme. Le site subit également des dégradation du fait de négligences comme à l'occasion de la réalisation de films . Une extension du musée est également prévue, dont les modalités exactes ne sont pas encore définies : le classement du site au patrimoine mondial interdit en effet toute modification.

L'art persépolitain

Architecture

Les Perses ne possèdent pas à l’origine un bagage architectural propre : en effet, il s’agit initialement d’un peuple semi-nomade de pasteurs et cavaliers. Or, dès sa fondation par Cyrus le grand, l'empire perse se dote de constructions monumentales. D'abord inspirés par les peuples conquis, les architectes achéménides intègrent ces influences et proposent rapidement un art original. Si, à Pasargades, le plan général montre encore des influences nomadiques avec ses bâtiments étirés, dispersés dans un immense parc, cinquante ans plus tard celui de Persépolis fait preuve de rationalisation et d'équilibre : le plan carré est systématisé, les colonnes sont strictement arrangées (6x6 pour l'Apadana, 10x10 dans le palais des Cent Colonnes...), y compris dans la plupart des petites salles du Harem et les annexes des palais. Les transitions des portiques aux côtés latéraux sont assurées par des tours d'angle à l'Apadana, une autre innovation majeure. Les deux grandes portes et les différents passages distribuent la circulation vers les bâtiments principaux.

Ces réalisations sont des créations originales dont le style résulte de la combinaison d’éléments issus des civilisations assujetties. Il ne s’agit pas d’une hybridation, mais plutôt d’une fusion des styles qui en crée un nouveau. Issue du savoir faire d’architectes et ouvriers de tout l’empire, l’architecture perse est utilitaire, rituelle et emblématique. Persépolis montre ainsi de nombreux éléments attestant de ces sources multiples.

Du fait de l’inclusion de l’Ionie dans les satrapies de l’empire, l’architecture perse achéménide est marquée par une forte influence grecque ionienne, particulièrement visible dans les salles hypostyles et les portiques des palais de Persépolis. L’essor du style ionien en Grèce est brisé net après l’invasion perse, mais il s’exprime de manière éclatante en Perse, au moyen de monuments grandioses. Des architectes lydiens et ioniens sont en effet engagés sur les chantiers de Pasargades, puis plus tard sur ceux de Persépolis et Suse. Ils en réalisent les principaux éléments, et on trouve ainsi des graffitis en grec dans les carrières proches de Persépolis, mentionnant les noms de chefs carriers. Ils jouent un rôle majeur dans l’éclosion du style perse, autant dans l’appareil que dans la maçonnerie. La participation de Grecs à l’érection de colonnes et à l’ornement de palais en Perse est également mentionnée par la charte de Suse, ainsi que par Pline l'AncienШаблон:,. Les colonnes de Persépolis sont effectivement de style ionien, avec un fût cannelé et mince : le diamètre est inférieur au dixième de la hauteur, aucune colonne de Persépolis n'est large de plus d'1,9 m. Certains chapiteaux portent des griffons inspirés des griffons de bronze archaïques grecs.

Parmi les éléments de style pharaonique égyptien aisément reconnaissables, on citera les gorges des corniches surplombant les portes, ainsi que le départ des chapiteaux. Certains attribuent également aux Égyptiens l'apport du portique.

L'influence de la Mésopotamie est bien sûr très présente, en particulier dans la formule palatine associant deux palais, l’un pour l’audience publique et l’autre pour l’audience privée. Cette influence est également visible dans les motifs de palmettes ou de rosaces fleuries décorant reliefs et palais, ou dans les merlons crénelés rappelant la forme des ziggourats, ornant les escaliers des palais. Des reliefs émaillés et polychromes sont d’inspiration babylonienne. Enfin, les orthostates ornés de bas reliefs de l’Apadana, les hommes-taureaux ailés des portes sont de style assyrien.

Présent au Moyen-Orient avant les Perses, le principe d’espaces internes créés par des supports et plafonds en bois évolue, la salle hypostyle devient l’élément central du palais. L'apport des techniques grecques permet à l'architecture perse d'aboutir à des constructions différentes où l’espace a des fonctions différentes : le dégagement de vastes espaces au moyen de colonnes hautes et fines constitue une révolution architecturale propre à la Perse. Les salles hypostyles y sont destinées aux foules et plus seulement aux prêtres comme en Grèce ou en Égypte.

La plupart des colonnes sont en bois, reposant éventuellement sur une base de pierre ; elles ont toutes disparu. C'est seulement lorsque la hauteur est trop importante que la pierre est utilisée comme celles de l'Apadana et de la Porte de toutes les nations. Les colonnes de pierre ayant subsisté sont très composites et montrent une influence des différentes civilisations de l'empire, ce qui n'est peut-être pas innocent : la base campaniforme est une création achéménide mais sans doute d'inspiration hittite ; le fût cannelé est ionien ; le chapiteau, d'une hauteur démesurée pouvant aller jusqu'au tiers de la colonne commence par un chapiteau de style égyptien suivi d'un pilier carré à double volute, une création iranienne inspirée par des motifs assyriens. Le tout est surmonté d'une imposte thériomorphe (de forme animale), autre motif importé de Mésopotamie cette fois, mais dont la fonction de soutien de poutres est inédite. On peut voir dans cette composition un résumé de la diversité de l'empire.

Comme tous les palais achéménides, ceux de Persépolis avaient systématiquement des murs en brique crue, ce qui peut paraître surprenant dans une région où la pierre de construction est disponible en quantité. C'est en fait une caractéristique commune à tous les peuples de l'Orient, qui ont réservé les murs de pierre aux temples et aux murailles. Aucun mur de Persépolis n'a donc survécu, les éléments encore dressés sont les chambranles des portes et les colonnes de pierre.

Bien que sa construction se soit étalée sur deux siècles, Persépolis montre une remarquable unité de style caractérisant l'art achéménide : initié à Pasargades, achevé sous Darius à Persépolis, on ne note plus d'évolutions notables tant dans l'architecture que dans les décorations ou les techniques. Seules les dernières tombes royales perdent une branche par rapport à celles de Naqsh-e Rostam, sans doute par manque de place mais leurs bas-reliefs sont strictement identiques à celle de Darius.

Sculpture

La forme la plus connue et la plus répandue de sculpture achéménide est le bas-relief, s'exprimant particulièrement à Persépolis. Ils y décorent systématiquement les escaliers, les côtés des plateformes des palais et l'intérieur des baies. Les œuvres sont réalisées en série, et signées par le sculpteur. On suppose qu'ils sont également utilisés pour la décoration des salles hypostyles. On peut y voir des inspirations égyptienne et assyrienne, voire grecque pour la finesse de l'exécution. On y rencontre la plupart des stéréotypes des représentations orientales antiques. Ainsi, tous les personnages sont représentés de profil. Si la perspective est parfois présente, les différents plans sont généralement rendus l'un sous l'autre. Les proportions entre les personnages, les animaux et les arbres ne sont pas respectées. En outre, le principe d'isocéphalie est strictement appliqué, y compris sur différentes marches d'escalier. Les sujets représentés composent des défilés de représentants des peuples de l'empire, de nobles perses, de gardes, des scènes d'audience, des représentations royales et des figures de combats opposant un héros royal à des animaux réels ou imaginaires. Ces bas-reliefs sont remarquables pour leur qualité d'exécution, chaque détail y est rendu avec une grande finesse.

On connaît très peu de sculptures achéménides en ronde-bosse. Celle de Darius, retrouvée à Suse est la plus connue mais il ne s'agit cependant pas d'un exemple unique. Plutarque mentionne par exemple qu'une grande statue de Xerxès Шаблон:Ier se trouvait à Persépolis.

Cependant, de nombreux éléments de décoration peuvent être considérés comme de la ronde-bosse. Elle est surtout utilisée pour des représentations d'animaux réels ou mythologiques, fréquemment inclus comme éléments architecturaux dans les portes et les chapiteaux. Ce sont essentiellement des taureaux qui sont représentés comme gardiens des portes, ainsi qu'au portique du Palais des Cent Colonnes. Les chapiteaux de colonne se terminent par des impostes de protomés animaliers : taureaux, lion, griffons… Les animaux sont très stylisés, sans aucune variation. Quelques statues entièrement en ronde-bosse ont également été retrouvées, telle celle représentant un chien, qui décorait une tour d'angle de l'Apadana.

Polychromie

L’utilisation de couleurs a souvent été mésestimée du fait des nombreuses altérations que subissent les pigments au cours du temps. Intempéries, fragilité des enduits, ou périssabilité des pigments organiques en sont les raisons principales. D’autres dégradations peuvent également survenir du fait de manipulations, de traitements de conservation et de rénovation des pièces. Nettoyages, applications de vernis, d’enduits protecteurs, voire retouches colorées ont été ainsi mis en cause dans l’apparition de fausses teintes ou la dégradation d’objets. Ces manipulations, comme la mise en évidence de composants artificiels de peintures modernes sur certaines pièces, poussent les scientifiques à examiner avec prudence et minutie toute découverte de traces colorées sur des sculptures et objets achéménides.

La mise en évidence de multiples couleurs sur de nombreuses pièces issues de la plupart des palais et bâtiments persépolitains atteste de la richesse et de l’omniprésence de peintures polychromes à Persépolis. Il ne s’agit pas seulement de preuves reposant sur des traces pigmentaires persistant sur des objets, mais de preuves consistantes comme des agglomérats de peintures formant des grumeaux, de couleurs ayant pris en masse dans des bols retrouvés en de multiples endroits du site.

De telles couleurs étaient utilisées non seulement sur les éléments architecturaux (murs, reliefs, colonnes, portes, sols, escaliers, statues), mais aussi sur les tissus et autres décorations. Briques vernissées, revêtement de sols en chaux colorée à l’ocre rouge ou gypseux vert-gris, colonnes peintes et autres tentures paraient ainsi de multiples couleurs les intérieurs et extérieurs des palais. Des traces de couleur rouge ont également été retrouvées, il y a peu, sur la statue de Darius conservée au musée national d’Iran à Téhéran.Шаблон:,

La grande palette des couleurs retrouvées donne en effet une idée de la richesse polychromique présente à l’origine : noir (asphalte), rouge (verre rouge opaque, vermillon, hématite de l’ocre rouge), vert, bleu égyptien, blanc, jaune (ocre ou doré). L’utilisation de pigments végétaux est évoquée, mais n’est pas à ce jour démontrée.

Il peut néanmoins être difficile de reconstituer précisément la véritable palette de couleurs présente en un lieu précis, plusieurs reliefs ou palais ayant été reconstruits ou restaurés en utilisant des pièces ou des fragments réassemblés provenant en fait de plusieurs endroits. L’examen des différences entre certains reliefs et leur dessins antérieurs par Flandin, a permis par exemple de mettre en évidence des erreurs de restaurations portant sur un sphinx.

Complexe palatin

Terrasse

Le complexe palatin de Persépolis repose sur une terrasse de Шаблон:Unité sur 300, et Шаблон:Unité de haut, qui présente quatre niveaux de Шаблон:Unité. L’entrée débouche sur le niveau réservé aux délégations. Les quartiers des nobles sont sur un niveau supérieur. Les quartiers réservés au service et à l’administration sont situés sur le plus bas niveau. Les quartiers royaux sont sur le plus haut niveau, visibles par tous. Le calcaire gris est la pierre la plus utilisée pour la construction. L'organisation des constructions suit un plan rigoureusement orthogonal suivant une organisation hipoddamienneШаблон:,.

Le côté est de la terrasse est formé par le Kuh-e Rahmat, dans la paroi duquel sont creusées les sépultures royales qui surplombent le site. Les trois autres côtés sont formés par un mur de soutènement dont la hauteur au sol varie de 5 à Шаблон:Unité. Le mur est composé d’énormes pierres taillées, ajustées sans mortier et fixées au moyen de chevilles métalliques. La façade Ouest constitue le front du complexe et présente l’accès principal à la Terrasse sous la forme d’un escalier monumental.

Le nivellement du sol rocheux est assuré par le comblement des dépressions avec de la terre et des pierres. Le terrassement final est réalisé au moyen de lourdes pierres également fixées entre elles par des chevilles métalliques. Au cours de cette première phase préparatoire, le réseau de drainage et d’adduction d’eau est mis en place, parfois taillé à même le roc. Les blocs ont été découpés et formatés à l’aide de burins et de barres à mine, permettant la fragmentation des pierres en surfaces planes. Le levage et le positionnement des pierres ont été assurés au moyen de madriers.

Sur la façade Sud, des inscriptions trilingues cunéiformes ont été retrouvées. Le texte, rédigé en élamite, se rapproche d'une inscription des palais de Suse, et proclame :

« Moi, Darius le Grand Roi, roi des rois, roi des pays, roi sur cette terre, fils d'Hystapes, l'Achéménide. » Et Darius le roi dit : « en cet emplacement où cette forteresse-ci a été construite, là ou auparavant aucune forteresse n'avait été construite. Par la grâce d'Ahuramazda, cette forteresse-ci, moi je l'ai construite ainsi qu'en était le dessein d'Ahuramazda, tous les dieux (étant) avec lui, (à savoir) que cette forteresse fût construite. Et je l'ai construite, parachevée et rendue belle et résistante, ainsi que cela m'avait été prescrit ». Et Darius le roi : dit « Moi, qu'Ahuramazda me protège, tous les dieux (étant) avec lui, et aussi cette forteresse-ci, et encore ce qui a été aménagé pour cet emplacement. Ce que pensera l'homme qui est hostile, que cela ne soit pas reconnu ! »

Ces inscriptions pourraient correspondre à l’emplacement de l'entrée initiale du complexe, avant la construction de l’escalier monumental et l’ajout de la Porte de toutes les nations.

La configuration de la Terrasse suggère que sa conception a également pris en compte des impératifs de défense du site en cas d’attaque. Un mur et des tours en constituaient le périmètre, doublé à l'Est par un rempart fortifié et des tours. L’angulation des murs est en effet réalisée de façon à ouvrir un champ de vision maximal aux défenseurs vers l'extérieur..

La Terrasse supporte un nombre impressionnant de constructions colossales, réalisées en calcaire gris provenant de la montagne adjacente. Ces constructions se distinguent par l’utilisation importante de colonnades et de piliers, dont un bon nombre est resté debout. Les espaces hypostyles sont constants, quelles que soient leurs dimensions. Ils associent des salles comptant 99, 100, 32, ou 16 colonnes suivant des arrangements variables (20x5 pour une salle du Trésor, 10x10 pour le Palais des 100 colonnes). Certaines de ces constructions n’ont pas été achevées. Des matériaux et déchets utilisés par des ouvriers ont même été retrouvés, n’ayant pas été nettoyés. Des fragments de récipients ayant servi à stocker de la peinture ont été ainsi mis au jour par hasard en 2005 à proximité de l’Apadana. Ils confirment les indices déjà connus attestant de l’utilisation de peintures pour la décoration des palaisШаблон:,.

Escalier principal (ou escalier de Persépolis)

L’accès à la Terrasse se fait par la façade Ouest au moyen d’un escalier monumental symétrique à deux volées divergentes puis convergentes. Ajouté par Xerxès, cet accès remplace l'accès initial qui se faisait par le Sud de la terrasse. L'escalier devient alors la seule entrée importante. Des accès secondaires ont pu exister notamment sur le versant Est dont la hauteur est moindre en raison de la déclivité du sol. Il est construit avec des blocs massifs de pierre taillées et chevillées. Chaque volée comporte 111 marches, larges de Шаблон:Unité, profondes de Шаблон:Unité, et présentant une déclivité de Шаблон:Unité. La faible côte réalisée autorise ainsi l’accès aux cavaliers et chevaux. Certaines pierres permettent à elles seules la taille de cinq marches. L’escalier était fermé en haut par des portes de bois dont les charnières pivotaient dans des alvéoles taillées au sol. Il débouche sur une petite cour ouvrant sur la porte de toutes les nations.

Porte de toutes les nations

La Porte de toutes les nations, ou Porte de Xerxès, a été construite par Xerxès Шаблон:Ier, fils de Darius le Grand. La date présumée de sa construction est -475.

Son entrée Ouest est gardée par deux taureaux colossaux qui en composent les montants et mesurent Шаблон:Unité de haut, d’inspiration assyrienne. Elle donne sur un hall central de 24,7 m². Des bancs de marbre longent les murs du hall qui était couvert à l’origine. Son toit était supporté par quatre colonnes de Шаблон:Unité de haut, symbolisant des palmiers, et dont les sommets sculptés représentent des feuilles de palme stylisées. À l’entrée Ouest s’ajoutent deux sorties : une vers le Sud ouvrant sur la cour de l’Apadana, et une vers l’Est ouvrant sur l’Allée des processions. Cette dernière est gardée par une paire de statues colossales représentant des hommes-taureaux ailés, ou lammasus. Ces figures protectrices sont aussi présentes sur des chapiteaux de colonnes du Tripylon. On en observe également des restes de pieds à la base de montants de la Porte inachevée. Chaque entrée de la Porte de toutes les nations était fermée par une porte de bois à deux battants dont les charnières pivotaient dans des alvéoles taillées dans le sol. Les portes étaient ornées de métaux précieux.

Une inscription cunéiforme est gravée au dessus des taureaux de la façade Ouest dans les trois langues majeures de l’empire (vieux-persan, babylonien, et Élamite) :

Ahuramazda est le grand dieu, qui a créé cette terre ici, qui a créé ce ciel là-bas, qui a créé l’homme, qui a créé le bonheur pour l’homme, qui a fait Xerxès roi, unique roi de nombreux, unique souverain de nombreux. « Je suis Xerxès, le grand roi, le roi des rois, le roi des peuples aux nombreuses origines, le roi de cette terre grande au loin, le fils du roi Darius l’Achéménide. » Le roi Xerxès déclare : « Grâce à Ahuramazda, j’ai fait ce Portique de tous les peuples ; il y a encore beaucoup de bon qui a été fait dans cette Perse, que moi j'ai fait et que mon père a fait. Tout ce qui a été fait en outre, qui paraît bon, tout cela nous l'avons fait grâce à Ahuramazda. » Le roi Xerxès déclare : « Qu’Ahuramazda me protège, ainsi que mon royaume, et ce que j'ai fait, et ce que mon père a fait, qu'Ahuramazda protège cela aussi. »

Cette inscription laisse donc penser que la Porte de toutes les nations a été nommée ainsi par Xerxès en référence aux multiples peuples et royaumes composant l’empire achéménide. Cette inscription est également retrouvée au dessus des lammasus.

Allée des processions et Porte inachevée

Longeant d’Ouest en Est la partie Nord de la Terrasse, l’allée des processions mène de la Porte de toutes les nations à une construction similaire : La Porte inachevée (aussi appelée le Palais inachevé), appelée ainsi car sa construction tardive n'était pas terminée lors de la destruction du site par Alexandre. Cette porte se trouve donc à l’angle Nord-est de la Terrasse, et compte quatre colonnes. Elle débouche sur une cour qui ouvre sur le Palais des 100 colonnes. Un double mur bordait l’allée sur ses deux côtés, protégeant l’Apadana et les palais privés des regards. Des salles de garde et des réserves s'y trouvaient dans des appendices. Seules les parties basses de ces murs subsistent à ce jour, mais certains pensent qu’ils atteignaient la hauteur des statues de lamassus. Dans une alcôve sur un côté de l’allée, on peut observer deux têtes de griffons partiellement restaurées qui semblent n’avoir jamais été montées sur des colonnes. Elles peuvent avoir été destinées à une construction ultérieure. Шаблон:Clr

Apadana (ou Hall d’audience de Darius)

L’Apadana a été construit par Darius le Grand. La date du début de son érection serait -515, selon deux tablettes d’or et d’argent retrouvées dans des coffres de pierre insérés dans les fondations. Darius y a fait graver son nom et le détail de son empire. La construction aurait duré longtemps et aurait été achevée sous Xerxès Шаблон:Ier. L’Apadana est avec le Palais des 100 colonnes, la plus grande et la plus complexe des constructions monumentales de Persépolis. Il se trouve au centre de la partie Ouest de la Terrasse. Placé sur un haut niveau, il est accessible par deux escaliers monumentaux en double rampes symétriques et parallèles, qui flanquent le soubassement des côtés Nord et Est.

Palais

Le palais a un plan carré de Шаблон:Unité de côté. Il comporte 72 colonnes dont 13 sont encore debout. Mesurant près de Шаблон:Unité de haut, les colonnes ont probablement été érigées au moyen de rampes de terre permettant d’amener, puis de positionner les pierres à hauteur voulue. Les rampes sont probablement élevées au fur et à mesure de l’avancement des colonnes, puis la terre est évacuée. témoignant de l'influence ionienne, les colonnes de l'Apadana présentent le même diamètre et une hauteur proche de celles du temple d’Héra à Samos, en outre, elles présentent des cannelures similaires.

Шаблон:Clr

Les plans initiaux du palais sont plus simples : l’escalier de Persépolis et la Porte de toutes les nations ayant été ultérieurement construits, un accès au palais par le Nord devient nécessaire. Cela explique l’ajout d'un escalier sur le flanc Nord du soubassement. La partie centrale, une grande salle hypostyle de forme carrée, comporte 36 colonnes ordonnées en six rangées. Elle est entourée à l’Ouest, au Nord, et à l’Est, par trois portiques rectangulaires portés chacun par douze colonnes ordonnées en deux rangées. La partie Sud consiste en une série de petites salles, et s’ouvre sur le palais de Darius, le Tachara. Les coins étaient occupés par quatre tours. Ces éléments angulaires assuraient le contreventement efficace des espaces aériens du palaisШаблон:,Шаблон:,.

Le plafond était soutenu par des poutres reposant sur des protomés de taureaux et de lions. Opposés, les protomés forment une selle sur laquelle une poutre principale était posée. Les deux têtes faisant ainsi protrusion latéralement sur environ un mètre. Des poutres transversales étaient également posées directement sur les têtes, stabilisées par les oreilles ou les cornes de l’animal sculpté. Ces éléments des animaux sont fixés par des gougeons de fer et assujettis au plomb. Les poutres transversales joignaient les colonnes des rangées voisines, les espaces restant étaient alors couverts par des poutres secondaires. L’ensemble était calfaté et recouvert par une couche de mortier de boue séchée. Les poutres étaient en chêne, en ébène, et en cèdre du LibanШаблон:,. L’utilisation de toitures légères en cèdre s'ajoutant aux techniques des colonnades ioniennes permettent la libération d'un espace important : l’entre-axe des rangées de colonnes de l’Apadana est de Шаблон:Unité, pour un rapport entre diamètre des colonnes et distance entre les fûts de seulement 1 pour 3,6. En comparaison, celui de la salle hypostyle du temple de Karnak est de 1 pour 1,2. La stylisation du pelage montre une volonté de s’affranchir du réalisme pour des animaux emblématiques.

L’ensemble était richement peint comme en attestent les multiples traces de pigments retrouvées sur les bases de certaines colonnes, les murs et les bas-reliefs des escaliers. L’intérieur de la gorge d’un lion sculpté porte encore des traces distinctes de couleur rouge. Couverts d’une couche de stuc dont on a retrouvé des fragments, les murs étaient également ornés de tentures brodées d’or, carrelés de céramiques, et décorés de peintures représentant des lions, taureaux, fleurs et plantes. Les portes de bois et les poutres portaient également des plaques d’or, des inclusions d’ivoire et de métaux précieux. Les ornements des chapiteaux de colonnes diffèrent selon leur position : taureaux pour les colonnes du hall central et du portique Nord, autres figures animales pour les portiques Est et OuestШаблон:,.

Шаблон:Clr

Selon l'archéologue David Stronach, la configuration d’un palais comme l’Apadana répond à deux fonctions principales. Ses dimensions autorise la réception de 10 000 personnes, ce qui assure une audience importante au roi. D’autre part, sa surélévation permet au roi d’observer cérémonies et parades se tenant dans la plaine. Des fouilles réalisées à Suse, dans un palais également réalisé pour Darius Шаблон:Ier, ont mis au jour une dalle dans l’Apadana, située dans l’axe du palais en regard du mur Sud. La comparaison montrant que les deux palais ont des conceptions voisines, l’existence d’un trône fixé au sol de l’Apadana de Persépolis est probable. De plus, deux passages proches permettaient au roi de se retirer dans les appartements et quartiers royaux adjacentsШаблон:,.

Quand Alexandre le Grand a incendié Persépolis, le toit de l’Apadana s’est écroulé vers l’Est, protégeant les reliefs de cette partie de l’usure pendant près de 2100 ans. Une tête de lion massive a été retrouvée dans une fosse proche du mur séparant l’Apadana du Palais des 100 colonnes. Elle semble avoir eu pour fonction de soutenir une poutre principale du toit. Sa présence dans une fosse située sous le niveau du sol est cependant inexpliquée. Une réplique du portique de l’Apadana se trouve au musée du site et donne une idée de la magnificence du palais.

Escalier Est

Шаблон:Clr

Recouvert par les débris du toit incendié de l'Apadana, l’escalier Est a été remarquablement préservé. Il se divise en trois panneaux (Nord, central, et Sud) et en triangles sous les marches. Le panneau Nord montre la réception de Perses et de Mèdes. Le panneau Sud montre la réception de personnages p

Classé dans les catégories suivantes:
Poste un commentaire
Trucs et astuces
karbasiha
1 march 2017
آران وبیدگل با جاذبه های گردشگری کویر مرنجاب و دریاچه نمک خانه های قدیمی و تاریخی اکرمی بنی طبا آسیاب عصاری مسجد قاضی زیارت محمد هلال خانه کرباسی ها
added at 10.17: آران وبیدگل با جاذبه های گردشگری کویر مرنجاب و دریاچه نمک خانه های قدیمی و تاریخی اکرمی بنی طبا آسیاب عصاری مسجد قاضی زیارت محمد هلال خانه کرباسی ها
added at 10.25: ورودی برای کویر بستگی به اتوبوس یا سواری متفاوت است200000 ریال برای سکونت در خانه باغ شاکر با غذا هر نفر زیر 750000 است تومان قیمت بقیه غذا و خوراکی و کرایه ها و.... قیمت ها ارزان است. قیمت شتر سواری موتور سواری و ... قیمت بطری آب و غذا مناسب است ولی بهتر است ازداخل شهر بخرید و مردم اینجا خیلی ساده و خونگرم هستند و ...غذاهای محلی خیلی لذیذ هستند . با راهنمای محلی گردشگری کویر و دشت مرنجاب (آران و بیدگل )باید به کویر بروید . رعایت فرهنگ مردم لازم است . (بدون حجاب بودن و رقص ممنوع است )
aran arony
28 february 2017
آران وبیدگل با جاذبه های گردشگری کویر مرنجاب و دریاچه نمک خانه های قدیمی و تاریخی اکرمی بنی طبا آسیاب عصاری مسجد قاضی زیارت محمد هلال خانه کرباسی ها
Dela Nf
3 november 2018
This picture belongs to a bas-relief at Persepolis, representing a symbol in Zoroastrianism for Nowruz. Magnificent place,so much history...such an honor to walk where the greatest kings used to walk!
Alireza
7 october 2014
Artistically cut stones used to be joined together using lead clips to make them resistant to earthquakes. Metal clips must be replaced or more cracks in the stones would appear over time.
Alireza
7 october 2014
It is speculated that in this wonderful carving the lion and the cow are symbols of spring and winter. The lion conquers over the cow as the first day of spring (Nowruz) emerges.
Alireza
7 october 2014
Two giant sphinxes depicted with bull's body, eagle's wings, and bearded man's head are standing at the eastern doorway of the Gate of All Nations.
Alireza
6 october 2014
Trained guides are available, but they only accompany a group of visitors if they are paid 35 thousand Tomans. The more the number of people in the group, the less every individual's share.
Aslan Spring
16 february 2016
A nation's history lies here. Amazing architecture with enigmatic masonry technology. Every body have to visit this place once in their life

Hôtels à proximité

Voir tous les hôtels Voir tout
Karan Hotel

à partir $99

InterContinental Al Jubail

à partir $276

SAS Hotel Al Jubail

à partir $175

Family house

à partir $296

Golden Tulip - Al Jubail Hotel

à partir $85

Park Inn by Radisson Jubail Industrial City

à partir $0

Sites recommandés à proximité

Voir tout Voir tout
Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Ka'ba-ye Zartosht

Ka'ba-ye Zartosht (en persan : کعبه زرتشت, la Ka'ba de Zoroastr

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Naqsh-e Rajab

Naqsh-e Rajab (en persan : le tableau de Rajab ; Rajab est

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Naqsh-e Rostam

Naqsh-e Rostam Шаблон:Persan est un site archéologique situé à envir

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Mausolée de Cyrus

Le mausolée de Cyrus (également tombe ou tombeau) est un mausolée ér

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Pasargades

Pasargades (en grec ancien Шаблон:Grec ancien / Pasargadốn, en persan

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Mausolée de Hafez

Le mausolée de Hafez et son mémorial (Hāfezieh), sont deux st

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Citadelle de Karim Khan

La citadelle de Karim Khan (en persan : ارگ کریم خان) - prononcer

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Shah Cheragh

La Shah Cheragh, en persan : شاه چراغ, est une mosquée et un m

Attractions touristiques similaires

Voir tout Voir tout
Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Temple d'Athéna Niké

Le temple d'Athéna Nikè fut érigé au sur l'Acropole d'Athènes, en l

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Érechthéion

L’Érechthéion (en grec ancien Шаблон:Grec ancien Erékhthei

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Philæ

Philæ, aussi orthographié Philaé, était une ancienne île d'Ég

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Ħaġar Qim

Le site néolithique de Ħaġar Qim est situé près de la ville de Qren

Ajouter à la liste de souhaits
J'ai été ici
Visité
Pasargades

Pasargades (en grec ancien Шаблон:Grec ancien / Pasargadốn, en persan

Voir tous les lieux similaires